Les rapports sur l'adaptation au climat donnent d'habitude un seul chiffre : ce que ça coûterait. L'écart avec ce qui est réellement dépensé se calcule ailleurs.
Le rapport 2025 des Nations unies sur l'eau met les deux sur la même page, dans le même encadré.
187 milliards de dollars par anle montant nécessaire pour financer l'adaptation dans les pays en développement montagneux.
13,8 milliards de dollarsles financements publics internationaux versés pour l'adaptation dans ces pays en 2022.
Le second chiffre est un canal, pas tout l'argent : il exclut les budgets nationaux et les financements privés. C'est aussi le canal que les États décident ensemble.
Le lire honnêtementCe qu'est le second nombre, et ce qu'il n'est pas
Un rapport de proportion comme celui-là circule vite et se simplifie en chemin. Deux précautions le gardent utilisable.
- 13,8 n'est pas le total dépensé. C'est le flux de financements publics internationaux. Les budgets nationaux et l'argent privé n'y sont pas, le vrai total est plus élevé, et le rapport ne dit pas de combien.
- 187 est un besoin, pas une facture. C'est une estimation de ce qu'exigerait l'adaptation chaque année dans ces pays, pas une note que quelqu'un aurait envoyée.
Ce qui survit aux deux précautions. Même pris comme un canal face à une estimation, les deux chiffres sont sur la même page du même rapport, pour les mêmes pays, dans la même monnaie, et l'un vaut environ treize fois l'autre. Ce rapprochement est celui du rapport, pas le nôtre.
Les prioritésQui a décidé à quoi sert l'argent
Cette partie répond à une objection qui arrête d'habitude la conversation : qui décide de ce que cet argent devrait acheter ?
L'examen des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d'adaptation soumis à la convention climat de l'ONU avant juin 2024 montre que, dans les pays en développement montagneux, les services d'eau et d'assainissement et la gestion des catastrophes sont des secteurs prioritaires.
Ce sont des documents que chaque État écrit sur lui-même. La priorité n'est pas assignée de l'extérieur.
Le terrainPourquoi le terrain aggrave tout
Il y a une raison mécanique pour laquelle les établissements de montagne sont plus difficiles à desservir, et ce n'est pas l'éloignement.
L'explication du rapport est courte et physique : « les pentes raides, l'altération des processus naturels d'écoulement des eaux et les surfaces bitumées diminuent la recharge des nappes phréatiques et augmentent les ruissellements, ce qui favorise les crues soudaines et l'érosion des sols ». Sur une pente, le bitume ne se contente pas de ne pas absorber, il accélère.
Et le rapport refuse la conclusion facile. Sur l'Himalaya, il écrit que l'urbanisation « a incontestablement créé des emplois et amélioré les infrastructures »et, dans le même passage, que déforestation, pertes de biodiversité, inondations et glissements de terrain se sont tous multipliés. Il ne demande pas de choisir une moitié.
Une qui a marchéLa version qui s'est servie de la pente
Le rapport ferme cette section sur un projet, et ce qui le rend digne d'être rapporté, c'est sa facture d'énergie.
À Xieng Ngeun, Luang Prabang, au Laos, 85 % des foyers n'avaient pas accès à des services d'assainissement de base et les infrastructures étaient hors d'usage faute d'entretien. Les villageois parcouraient de longues distances pour l'eau.
Le projet pilote d'ONU-Habitat visait 1 221 foyers répartis dans six villages. Son élément clé : un système d'adduction d'eau par gravité, qui « s'appuyait sur le relief local pour fournir de l'eau régulièrement sans avoir recours à des systèmes de pompage consommant de l'énergie ».
Plus de 90 % des foyers ciblés raccordés, contre aucun auparavant.
La pente est ce qui rend l'eau de montagne difficile à retenir et facile à déplacer. La réponse coûteuse la combat avec des pompes. Celle-ci s'en est servie.
Ce qui referme les trois articles de cette carte sur la note où ils ont ouvert. Plus de la moitié de l'eau douce du monde commence en glace et en neige sur les hauteurs ; ce qui change tient moins au total qu'au calendrier ; et ce qui marche en aval, ce sont surtout les choses qui remettent l'eau là où la montagne la gardait.
QuestionsQuestions fréquentes
Combien coûterait l'adaptation dans ces pays ?
187 milliards de dollars par an, selon le Rapport mondial des Nations unies sur l'eau 2025. Le chiffre est délimité : il porte sur les pays en développement montagneux, pas sur le monde entier.
Que représentent exactement les 13,8 milliards ?
Le flux de financements publics internationaux pour l'adaptation disponible dans ces pays en 2022. Ce n'est pas « tout l'argent » : ça exclut les budgets nationaux et les financements privés. C'est un canal parmi d'autres, mais c'est celui que les États décident ensemble.
À quoi cet argent servirait-il en priorité ?
Ce ne sont pas les bailleurs qui le disent, ce sont les pays eux-mêmes. L'examen des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d'adaptation soumis à la CCNUCC avant juin 2024 montre que, dans les pays en développement montagneux, les services d'eau et d'assainissement et la gestion des catastrophes sont des secteurs prioritaires.
Pourquoi l'urbanisation aggrave-t-elle le problème de l'eau ?
Par la physique du terrain. Le rapport l'explique : « les pentes raides, l'altération des processus naturels d'écoulement des eaux et les surfaces bitumées diminuent la recharge des nappes phréatiques et augmentent les ruissellements, ce qui favorise les crues soudaines et l'érosion des sols ».
Le rapport condamne-t-il l'urbanisation en montagne ?
Non, et il prend soin de ne pas le faire. Sur l'Himalaya, il écrit que l'urbanisation « a incontestablement créé des emplois et amélioré les infrastructures » et qu'elle a engendré déforestation, pertes de biodiversité et multiplication des inondations et glissements de terrain. Les deux moitiés sont dans la même phrase.
Existe-t-il des solutions qui ne coûtent pas 187 milliards ?
Le rapport en documente une. Au Laos, dans la région montagneuse de Xieng Ngeun, un système d'adduction d'eau par gravité « s'appuyait sur le relief local pour fournir de l'eau régulièrement sans avoir recours à des systèmes de pompage consommant de l'énergie ». Plus de 90 % des foyers ciblés raccordés, contre aucun auparavant.
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Sources
- Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau 2025, « Établissements humains et réduction des risques de catastrophes naturelles », UNESCO et ONU-Eau, mis à jour le 20 mars 2025
- Rapport mondial 2025, « Montagnes et glaciers : des châteaux d'eau », UNESCO et ONU-Eau
À propos de cet article. Information générale et éducative. Les chiffres viennent du chapitre « Établissements humains et réduction des risques de catastrophes naturelles » du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2025, consulté dans les deux langues officielles. Les 13,8 milliards désignent les seuls financements publics internationaux de 2022, ni les budgets nationaux, ni les financements privés, et les 187 milliards sont une estimation de besoin, pas une facture. Les deux ne portent que sur les pays en développement montagneux.
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