Ça s'annonce rarement. Les plans s'annulent un peu plus souvent, les réponses raccourcissent, et à un moment il n'y a plus de réponses.
Les deux réflexes qui suivent sont d'insister, ou d'arrêter. Les deux répondent à une question que la définition de l'Organisation mondiale de la santé ne pose pas.
L'OMS définit la solitude comme « le sentiment douloureux qui résulte d'un écart entre les liens sociaux souhaités et réels ». Un écart porte sur la nature des liens, pas sur leur nombre, c'est pourquoi plus d'invitations du même type peuvent ne rien changer.
Son guide de terrain dit : ne pas pousser, ne pas juger, ne pas promettre, permettre les silenceset faire savoir qu'on est là.
La définitionCe qu'un écart n'est pas
Tout dans cet article découle d'un seul mot de la définition de l'OMS, alors autant l'isoler.
La solitude est « le sentiment douloureux qui résulte d'un écart entre les liens sociaux souhaités et réels ».
Pas trop peu de liens. Un écart entre ce qu'une personne a et ce qu'elle veut ou dont elle a besoin. Ce qui veut dire que l'écart peut porter sur la nature du lien, sur sa profondeur, ou sur ce à quoi il sert, et aucun de ces trois ne se referme en ajoutant un exemplaire de plus du même.
C'est pourquoi quelqu'un peut se retirer d'une vie qui paraît, vue de l'extérieur, parfaitement remplie. Rien dans la définition n'exige un agenda vide.
Les deux réflexesInsister et abandonner sont la même erreur
Ils ont l'air opposés. Ils reposent sur le même présupposé, que la question est combien de contact.
- Insister répond : davantage. Ça demande aussi quelque chose à la personne, une réponse, une explication, un oui. La consigne du guide de l'OMS est l'inverse : ne pas pousser la personne à raconter son histoire, et ne pas l'interrompre ni la presser.
- Abandonner répond : aucun. Ça lit le silence comme une décision, alors que le guide traite le fait de ne pas vouloir parler comme ordinaire, certaines personnes ne voudront pas parler de ce qui se passe, et ce qui compte est qu'elles sachent qu'on est là.
La troisième option est celle qui n'a pas de nom. Rester joignable sans rien exiger en retour. Un message qui ne finit pas par un point d'interrogation. Une invitation sans attente de oui. Une présence qui ne coûte rien à recevoir.
Les consignesCe que le guide dit de faire
Elles viennent du guide des premiers secours psychologiques de l'OMS, écrit pour des gens sans formation. Presque chaque point est une retenue.
- Permettre des moments de silence. Le guide ajoute ailleurs : ne parlez pas trop ; le silence aussi est important.
- Ne pas juger ce que la personne a fait, n'a pas fait, ou la manière dont elle se sent, le guide donne « Vous ne devriez pas vous sentir ainsi » en exemple de ce qu'il ne faut pas dire.
- Être honnête sur ce qu'on ne sait pas. Le guide fournit même la phrase : « Je ne sais pas, mais je vais essayer de me renseigner pour vous. »
- Ne pas faire de fausses promesses ni donner de faux espoirs.
- Souligner et valoriser les points forts de la personne, et la manière dont elle s'en est sortie.
Lis le dernier point à la lumière de la situation. On dit rarement à quelqu'un qui se retire qu'il tient le coup face à quelque chose. On lui dit d'habitude ce qu'il devrait faire à la place.
Un point ressortLe geste que l'OMS distingue
La Commission sur le lien social termine son communiqué par une liste de gestes quotidiens. Quatre des cinq portent sur le fait de créer une interaction. Un seul ne le fait pas.
« Tendre la main à un ami ou une amie dans le besoin, ranger son téléphone pour être pleinement présent lors d'une conversation, saluer un voisin ou une voisine, rejoindre un groupe local ou faire du bénévolat. »
Le deuxième est le seul qui change la qualité d'un lien plutôt que son existence, ce qui, la solitude étant définie comme un écart et non comme un manque, est le seul levier dirigé sur la bonne chose.
C'est aussi la chose la moins coûteuse de la liste, et celle qu'on saute le plus souvent. Une heure d'attention partagée ajoute une interaction au décompte et laisse l'écart exactement où il était.
La limiteCe qui ne t'appartient pas de porter
Le guide de l'OMS pose lui-même la frontière, et elle mérite d'être citée parce que le réflexe dans cette situation est de la franchir.
« Ne pensez pas et n'agissez pas comme si vous étiez chargé de résoudre tous les problèmes des autres à leur place. »
« N'écartez pas la personne de ses points forts et de son sentiment d'être capable de se prendre en charge. »
Tu ne peux pas refermer l'écart de quelqu'un d'autre. Tu peux être l'un des liens du bon côté.
Et il y a un moment où la chose utile cesse d'être la présence. La liste de gestes quotidiens de l'OMS se termine là-dessus : « en cas de difficulté plus grave, il est important de se renseigner sur le soutien et les services disponibles pour les personnes qui se sentent seules. »
C'est la fin honnête d'un article comme celui-ci. Rester présent est ce qu'un ami peut faire, et ce n'est pas tout ce qui peut être nécessaire.
Il n'existe pas de ligne d'écoute mondiale, et les numéros changent d'un pays à l'autre. Deux repères valent partout.
S'il y a un danger immédiat, compose le numéro d'urgence de ton pays.
Sinon, Find A Helpline répertorie plus de 1 700 lignes d'écoute gratuites et confidentielles dans plus de 175 pays. Tu choisis ton pays, il affiche ce qui existe près de chez toi, avec les horaires. Le site lui-même est en anglais, mais les lignes qu'il indique sont locales.
Ce n'est pas une recommandation clinique. C'est le seul annuaire international qui déclare vérifier ses données auprès des organismes eux-mêmes et les tenir à jour quotidiennement.
QuestionsQuestions fréquentes
Faut-il insister quand quelqu'un ne répond plus ?
Le guide de l'OMS est net sur le principe : ne pas pousser la personne à parler, ne pas l'interrompre ni la presser. Mais il distingue insister et rester présent, il recommande de faire comprendre à la personne qu'on est là si elle veut parler. La différence est que la première demande une réponse et la seconde n'en demande pas.
Pourquoi proposer plus de sorties ne marche pas toujours ?
Parce que l'OMS définit la solitude comme « le sentiment douloureux qui résulte d'un écart entre les liens sociaux souhaités et réels ». Un écart porte sur la nature des liens, pas sur leur nombre. Ajouter des occasions du même type ne referme pas un écart qui porte sur le type. Ça peut aider, ça peut aussi ne rien changer.
Quel geste l'OMS cite-t-elle en premier ?
Dans sa liste de gestes quotidiens, elle cite « tendre la main à un ami ou une amie dans le besoin », puis « ranger son téléphone pour être pleinement présent lors d'une conversation ». Ce second geste est le seul de la liste qui porte sur la qualité d'une interaction plutôt que sur son existence.
Et si la personne refuse toute proposition ?
Le guide de l'OMS traite ce cas sans en faire un échec : certaines personnes ne voudront pas parler de ce qui se passe, et ce qui compte alors est de rester simplement présent à côté d'elles. Il ajoute une phrase qui vaut ici plus qu'ailleurs : « ne parlez pas trop ; le silence aussi est important ».
Qu'est-ce qui risque de blesser sans qu'on s'en rende compte ?
Le guide en liste plusieurs, et deux s'appliquent particulièrement ici : ne pas juger ce que la personne a fait ou n'a pas fait, et ne pas faire de fausses promesses. S'ajoute une phrase citée en exemple de ce qu'il ne faut pas dire : « Vous ne devriez pas vous sentir ainsi. » Elle s'adresse à un ressenti, et un ressenti ne se corrige pas.
Est-ce que c'est à moi de régler ça ?
Non, et le guide de l'OMS l'écrit explicitement : ne pensez pas et n'agissez pas comme si vous étiez chargé de résoudre tous les problèmes des autres à leur place, et n'écartez pas la personne de ses points forts et de son sentiment d'être capable de se prendre en charge. Rester présent n'est pas prendre le relais.
À lire ensuiteArticles reliés
Sources
- Les premiers secours psychologiques : guide pour les acteurs de terrain, OMS, War Trauma Foundation et World Vision International, 2011
- Le lien social est associé à un meilleur état de santé, Organisation mondiale de la santé, 30 juin 2025
À propos de cet article. Information générale et éducative. Les gestes décrits viennent d'un guide de l'Organisation mondiale de la santé destiné à des personnes sans formation en santé, et d'une liste publiée par sa Commission sur le lien social : ce n'est ni une méthode d'intervention, ni un substitut à l'évaluation d'une personne qualifiée. Si tu t'inquiètes pour la sécurité de quelqu'un, ne reste pas seul avec cette inquiétude.
Une erreur, un chiffre périmé ? Écris-nous : on corrige et on redate l'article. Nos textes sont écrits avec l'aide de l'intelligence artificielle et vérifiés aux sources officielles avant publication, mais un chiffre ou une définition peut changer sans qu'on le voie passer. Si quelque chose ici ne correspond pas à ce que te dit un organisme officiel, c'est lui qui a raison.