Demande à quelqu'un d'imaginer la pollution plastique et tu obtiens des pailles, des bouteilles, des sacs, les choses qui passent par une main et atterrissent dans une poubelle.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement en liste quatre. Un seul ressemble à ça.

L'essentiel

L'emballage, c'est 36 % de tout le plastique fabriqué, le visible, et il est réel.

Le vêtement est celui que personne ne compte : « environ 60 % des matières transformées en vêtements sont composées de plastique, notamment de polyester, d'acrylique et de nylon. »

Puis l'agriculture et la pêche. Trois des quatre ne passent jamais par une poubelle de ménage.

36 %Celui qu'on accuse déjà

Commencer par là compte, parce que le propos de cet article n'est pas que l'emballage serait innocent.

  • « Le secteur des emballages est le plus grand producteur de déchets plastiques à usage unique à l'échelle mondiale. » Environ 36 % de tous les plastiques fabriqués y passent.
  • À l'intérieur, les contenants à usage unique pour aliments et boissons : 85 % de ces déchets sont mis en décharge ou mal gérés.

L'intuition n'est donc pas fausse. Elle est partielle, 36 %, c'est la plus grosse part, et c'est aussi à peine un tiers.

60 %Celui qui est dans l'armoire

C'est le secteur qui change ce que recouvre le mot « plastique ».

Polyester, acrylique, nylon

« Le secteur de la mode est également l'un des principaux utilisateurs de plastique. Environ 60 % des matières transformées en vêtements sont composées de plastique, notamment de polyester, d'acrylique et de nylon. »

Pas l'emballage autour du vêtement. Le vêtement. Ces trois noms sont des plastiques portant des noms de textile, c'est pourquoi la part est invisible pour presque quiconque en porte.

Et il continue de relâcher. Le PNUE compte les tissus synthétiques parmi les sources importantes de microplastiques : chaque lavage libère des microfibres, et « les lessives provoquent à elles seules le déversement d'environ 500 000 tonnes de microfibres de plastique dans les océans chaque année ». Une chemise en polyester n'est pas un achat de plastique unique. C'en est un petit, qui recommence.

Hors de vueLes deux qui n'atteignent jamais une poubelle

Ces deux-là sont les moins discutés, pour la même raison : aucun consommateur ne les manipule jamais.

  • L'agriculture. PNUE : le plastique y est omniprésent, « utilisé pour tout, des semences pelliculées aux paillis plastiques ». Il se dégrade dans un champ, pas dans une filière de déchets.
  • La pêche. Des engins industriels abandonnés, filets, lignes, casiers, qui entrent dans l'océan directement, sans passer par aucune collecte.

Une note sur ce dernier chiffre. La page anglaise du PNUE dit « more than 100 million pounds » ; sa page française dit « près de 50 millions de kilos de plastique sont abandonnés dans les océans en ce qui concerne les engins de pêche industrielle seulement ». Ce ne sont pas tout à fait les mêmes énoncés, l'un dit plus de, l'autre près de. Nous citons chaque version dans sa langue plutôt que d'en convertir une.

ConséquencePourquoi la carte change quelque chose

Une carte de provenance n'est utile que si elle change ce qu'on ferait. Celle-ci le fait, d'une manière précise.

Trois sur quatre ne passent par aucune poubelle

Un vêtement en polyester, un paillis agricole et un filet abandonné n'entrent pas dans la collecte sélective d'un ménage. Aucun tri ne les atteint.

Et le quatrième, l'emballage, rencontre le chiffre de l'autre article de cette série : à l'échelle mondiale, moins de 9 % du plastique est effectivement recyclé après perte.

Ce qui laisse la même conclusion arriver par un deuxième chemin : ce qui décide la quantité se joue en amont, pas en aval.

Ça explique aussi pourquoi le traité négocié à l'échelle mondiale est écrit autour du cycle de vie complet du plastique plutôt qu'autour de cibles de recyclage. Trois de ces quatre secteurs n'ont aucune étape de recyclage sur laquelle poser une cible.

QuestionsQuestions fréquentes

D'où vient la majorité du plastique à usage unique ?

De l'emballage. Le PNUE écrit que « le secteur des emballages est le plus grand producteur de déchets plastiques à usage unique à l'échelle mondiale » et qu'« environ 36 % de tous les plastiques fabriqués sont utilisés dans des emballages ».

Les vêtements contiennent-ils vraiment du plastique ?

Oui, et c'est la part qui surprend le plus. Le PNUE écrit qu'« environ 60 % des matières transformées en vêtements sont composées de plastique, notamment de polyester, d'acrylique et de nylon ». Ce ne sont pas des additifs : ce sont les fibres elles-mêmes.

Que deviennent les contenants alimentaires ?

Le PNUE donne un chiffre précis pour les contenants à usage unique destinés aux aliments et aux boissons : 85 % des déchets ainsi générés sont mis en décharge ou mal gérés. C'est la catégorie la plus visible du plastique, et celle qui finit le plus mal.

Le secteur de la pêche est-il concerné ?

Oui, par ses engins abandonnés. Le PNUE écrit en français que « près de 50 millions de kilos de plastique sont abandonnés dans les océans en ce qui concerne les engins de pêche industrielle seulement ». Sa version anglaise dit « plus de 100 millions de livres », les deux formulations ne coïncident pas exactement, et nous donnons chacune dans sa langue plutôt que d'en convertir une.

Et l'agriculture ?

C'est le secteur le moins visible des quatre. Le PNUE écrit que le plastique y est omniprésent : « il est utilisé pour tout, des semences pelliculées aux paillis plastiques ». Ce plastique-là n'arrive jamais dans une poubelle de ménage, il se dégrade dans un champ.

Trier mieux règle-t-il le problème ?

Pas pour trois des quatre secteurs. Un vêtement en polyester, un paillis agricole et un filet de pêche ne passent pas par la collecte sélective d'un ménage. Et pour le quatrième, l'emballage, le PNUE mesure que moins de 9 % du plastique est effectivement recyclé après perte.

À lire ensuiteArticles reliés