Le plastique est classé avec les déchets. Il apparaît dans des campagnes sur les tortues, les plages et les poubelles, et la solution qui suit porte toujours sur ce qu'on en fait après.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement le classe aussi ailleurs.

L'essentiel

« En 2019, les plastiques ont généré 1,8 milliard de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre, soit 3,4 % des émissions mondiales. »

Parce que le plastique est fait de combustible fossile, et que le fabriquer est l'un des procédés industriels les plus énergivores de la planète.

Ces émissions ne sont pas ce qui arrive quand on jette le plastique. C'est ce qui est arrivé quand on l'a fabriqué.

La matièreDe quoi le plastique est fait

C'est la partie d'où découle tout le reste, et elle se dit rarement à voix haute.

Du pétrole brut, chauffé

PNUE : le plastique « est fabriqué à partir de combustibles fossiles tels que le pétrole brut, qui est transformé en polymère à l'aide de chaleur et d'autres additifs »et sa production est « l'un des processus de fabrication les plus énergivores de la planète ».

Le combustible fossile n'est pas ce qui alimente l'usine. Le combustible fossile est le produit.

Ce qui veut dire que chaque tonne de plastique porte ses émissions avant même que quiconque s'en soit servi une fois. La trier correctement ensuite ne remonte pas le temps.

La projectionLe chiffre qui devrait faire le titre

3,4 %, c'est la mesure. La projection est ce qui change le sens du chiffre.

15 % de ce qui reste

La secrétaire exécutive du comité de négociation, citant une étude du PNUE : les émissions associées aux plastiques « devraient représenter 15 % du total des émissions autorisées d'ici 2050 si l'humanité veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C ».

« Autorisées », c'est le budget carbone, pas un quota annuel, une réserve qui se vide. Une seule matière, un septième de tout ce qui reste.

Deux chiffres officiels, trois mois d'écart. Le PNUE a écrit « environ 460 millions de tonnes par an » en janvier 2023 et « plus de 430 millions de tonnes » en avril 2023. L'ordre de grandeur tient, la précision non. Nous le disons plutôt que de choisir en silence, et la page de janvier ajoute que sans action urgente, ce chiffre triplera d'ici 2060.

La poubellePourquoi la poubelle n'est pas le levier

Voici ce qui arrive réellement aux déchets plastiques du monde. Le PNUE publie la répartition entière, et c'est la dernière proposition qui compte.

46 %
des déchets plastiques sont mis en décharge.
PNUE, janvier 2023
22 %
sont mal gérés et deviennent des déchets sauvages.
PNUE, janvier 2023
< 9 %
sont effectivement recyclés, après perte.
PNUE, janvier 2023

15 % sont collectés pour recyclage. Moins de 9 % sont effectivement recyclés après perte. C'est dans l'écart entre ces deux mots que loge l'idée que la plupart des gens se font du plastique.

La secrétaire exécutive du comité de négociation ne prend pas de précaution non plus : « Nous savons que le recyclage seul ne mettra pas fin à la pollution plastique. » Et la raison rejoint la première section, le recyclage agit sur l'objet une fois qu'il existe, alors que les émissions ont eu lieu quand on l'a fabriqué.

Et les deux tiers n'étaient pas faits pour durer. PNUE : du plastique produit chaque année, « deux tiers correspondant à des produits à courte durée de vie ». La quantité n'est pas un accident de consommation. C'est une décision de conception prise en amont.

L'instrumentLe traité qui n'a pas eu lieu

En 2022, les États membres de l'ONU ont adopté une résolution visant à mettre fin à la pollution plastique, et se sont fixé une échéance. L'état de la chose mérite d'être daté, parce qu'il change.

  • Le comité de négociation devait achever ses travaux avant la fin de 2024.
  • Le 7 février 2026, il s'est réuni une journée à Genève. Aucune négociation de fond n'a eu lieula session servait à élire un président, le précédent ayant démissionné.
  • Ce que demande la résolution n'est pas une cible de recyclage : elle couvre l'intégralité du cycle de vie des plastiques, de l'extraction des matières premières et la conception des produits jusqu'aux déchets.

C'est ce dernier point qu'il faut garder. Le seul instrument négocié à l'échelle mondiale traite le plastique comme une chose qui se décide en amont, c'est la conclusion à laquelle arrive le chiffre des émissions, par l'autre bout.

QuestionsQuestions fréquentes

Le plastique est-il vraiment un problème climatique ?

Oui, et c'est chiffré. Le PNUE écrit qu'« en 2019, les plastiques ont généré 1,8 milliard de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre, soit 3,4 % des émissions mondiales ». La raison est matérielle : le plastique est fabriqué à partir de combustibles fossiles, et sa production est l'un des procédés de fabrication les plus énergivores qui soient.

Quelle est la projection pour 2050 ?

C'est le chiffre le plus lourd du dossier. La secrétaire exécutive du comité de négociation, citant une étude du PNUE, indique que les émissions associées aux plastiques « devraient représenter 15 % du total des émissions autorisées d'ici 2050 si l'humanité veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C ».

Que veut dire « émissions autorisées » ?

C'est le budget carbone : la quantité totale de gaz à effet de serre qu'on peut encore émettre en gardant une chance de rester sous un seuil de réchauffement. Ce n'est pas un quota annuel, c'est une réserve qui se vide. Dire qu'une matière en occuperait 15 % revient à dire qu'elle prendrait un septième de tout ce qui reste.

Le recyclage ne règle-t-il pas le problème ?

Les chiffres du PNUE disent que non. À l'échelle mondiale, 46 % des déchets plastiques sont mis en décharge, 22 % mal gérés, 17 % incinérés et 15 % collectés pour recyclage : « moins de 9 % étant effectivement recyclés après perte ». La secrétaire exécutive du comité le dit elle-même : le recyclage seul ne mettra pas fin à la pollution plastique.

Combien de plastique produit-on ?

Le PNUE donne deux chiffres à trois mois d'intervalle en 2023 : « environ 460 millions de tonnes par an » en janvier, « plus de 430 millions de tonnes » en avril. L'ordre de grandeur est le même, la précision n'y est pas, et il vaut mieux le savoir que choisir en silence. Le premier ajoute que sans action urgente, ce chiffre triplera d'ici 2060.

Où en est le traité mondial sur le plastique ?

Il n'existe pas encore. Les États devaient achever les négociations avant la fin de 2024. Au 7 février 2026, le comité de négociation s'est réuni une journée à Genève, sans aucune négociation de fond, uniquement pour élire un président après la démission du précédent.

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