On parle habituellement de la solitude comme d'une affaire privée, et un peu gênante, quelque chose de plus proche d'un trait de caractère que d'un état.

L'Organisation mondiale de la santé a créé une commission là-dessus, et en a publié le résultat le 30 juin 2025. Le vocabulaire de ce rapport est celui de la santé publique, et les chiffres sont de l'ordre de grandeur qu'on réserve d'ordinaire aux maladies.

L'essentiel

La solitude touche une personne sur six dans le monde. L'OMS estime qu'elle est à l'origine d'environ 100 décès par heure, plus de 871 000 par an. Elle augmente le risque d'accident vasculaire cérébral, de maladie cardiaque, de diabète, de déclin cognitif et de décès prématuré, et les personnes qui se sentent seules sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression.

Et elle n'est pas répartie au hasard : 24 % dans les pays à faible revenu contre 11 % dans les pays à revenu élevé.

Le rapportCe que l'OMS a mesuré

Une commission de l'OMS n'est pas un communiqué. C'est un organe pluriannuel avec des coprésidents, une méthode et un rapport publié, le même instrument que l'organisation emploie pour les sujets sur lesquels elle compte agir.

Sa définition de départ compte, parce qu'elle décide de ce qui est compté. L'OMS définit le lien social comme « la manière dont les personnes entrent en relation et interagissent les unes avec les autres », et traite son absence comme mesurable.

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personnes dans le monde sont touchées par la solitude.
OMS, communiqué du 30 juin 2025
871 000
décès par an sont estimés liés à la solitude, environ 100 par heure.
OMS, communiqué du 30 juin 2025

Lis le second chiffre attentivement, parce que nous l'avons fait. L'OMS écrit que la solitude est « à l'origine de » environ 100 décès par heure. C'est l'estimation d'une association à l'échelle d'une population, publiée par l'OMS. Ce n'est pas un décompte de certificats de décès, et personne ne le présente comme tel, l'OMS non plus.

Le mécanismeCe que ça fait au corps

La liste que donne l'OMS est la raison pour laquelle le mot défaut ne survit pas au contact de ce rapport.

  • Un risque accru d'accident vasculaire cérébral.
  • Un risque accru de maladie cardiaque.
  • Un risque accru de diabète.
  • Un risque accru de déclin cognitif.
  • Un risque accru de décès prématuré.

Et sur la santé mentale, deux constats énoncés franchement : les personnes qui se sentent seules sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression, et la solitude « peut également favoriser la survenue d'une anxiété et de pensées d'automutilation ou de suicide ».

Un état qui augmente le risque d'AVC et de diabète n'est pas une humeur. Quelle que soit la nature de la solitude, le corps en fait quelque chose.

La répartitionCe n'est pas réparti au hasard

Si la solitude était affaire de tempérament, elle tomberait à peu près également sur toutes les sociétés. Ce n'est pas le cas.

24 %
des personnes vivant dans des pays à faible revenu déclarent se sentir seules, deux fois plus que dans les pays à revenu élevé, à environ 11 %.
OMS, communiqué du 30 juin 2025
17-21 %
des personnes de 13 à 29 ans déclarent se sentir seules, la proportion la plus élevée étant chez les adolescents.
OMS, communiqué du 30 juin 2025

Deux motifs, et aucun ne porte sur le caractère. La solitude est deux fois plus fréquente là où les gens sont plus pauvres, et elle est la plus élevée chez les jeuneset non, comme le veut le cliché, chez les personnes âgées.

Le constat sur les adolescents est celui sur lequel s'arrêter. La tranche d'âge qu'on décrit le plus souvent comme perpétuellement connectée est celle qui déclare le taux de solitude le plus élevé dans les données de l'OMS. Être joignable et être en lien ne sont pas la même mesure.

Les causesLes causes nommées, aucune n'est un trait

Voici la liste des facteurs contributifs de l'OMS, en entier. Lis-la en cherchant un trait de caractère.

Ce que l'OMS nomme

« Une mauvaise santé, un faible niveau de revenu ou d'éducation, le fait de vivre seul, l'inadéquation des infrastructures communautaires et des politiques publiques et les technologies numériques. »

Cinq facteurs. Trois sont des conditions matérielles. Un est une décision publique. Un est une technologie. Aucun n'est une manière d'être.

L'inadéquation des infrastructures communautaires et des politiques publiques est le point à relever. Ça veut dire que le fait qu'un endroit ait un lieu où aller, quelque chose à rejoindre et un moyen d'y arriver est compté, par l'OMS, parmi les causes de la solitude.

Et les conséquences rayonnent aussi vers l'extérieur. Les adolescents qui se sentent seuls ont une probabilité supérieure de 22 % d'obtenir des notes ou un niveau de qualification insuffisants. Les adultes qui se sentent seuls peuvent avoir plus de difficulté à trouver ou conserver un emploi, et risquent des revenus plus faibles avec le temps. L'OMS ajoute que, non combattu, cela continuera de coûter aux sociétés des milliards de dollars en soins de santé, en éducation et en emploi.

Ce qui en découleCe que ça change de le voir comme ça

  • Ça cesse d'être gênant. Personne ne s'excuse de faire de l'hypertension. Un état que l'OMS relie à l'AVC et au diabète n'exige pas non plus d'excuses.
  • Ça cesse d'être un problème individuel à régler seul. Si les infrastructures communautaires et les politiques publiques figurent dans les causes, alors une partie de la réponse se construit, se finance et se décide, elle ne se veut pas.
  • Ça cesse d'être une affaire de personnes âgées. Les taux les plus élevés dans les données de l'OMS sont chez les adolescents et les jeunes adultes.

La seule chose que cet article ne peut pas faire, c'est te dire quoi faire de la tienne. Ce qu'il peut faire, c'est retirer une phrase de la conversation : il doit y avoir quelque chose qui cloche chez moi. Une personne sur six, deux fois plus souvent là où l'argent manque, le plus souvent chez les jeunes, ce n'est pas la description d'un défaut personnel.

Si tu as besoin de parler à quelqu'un maintenant

Il n'existe pas de ligne d'écoute mondiale, et les numéros changent d'un pays à l'autre. Deux repères valent partout.

S'il y a un danger immédiat, compose le numéro d'urgence de ton pays.

Sinon, Find A Helpline répertorie plus de 1 700 lignes d'écoute gratuites et confidentielles dans plus de 175 pays. Tu choisis ton pays, il affiche ce qui existe près de chez toi, avec les horaires. Le site lui-même est en anglais, mais les lignes qu'il indique sont locales.

Ce n'est pas une recommandation clinique. C'est le seul annuaire international qui déclare vérifier ses données auprès des organismes eux-mêmes et les tenir à jour quotidiennement.

QuestionsQuestions fréquentes

Combien de personnes la solitude touche-t-elle ?

Une personne sur six dans le monde, selon le rapport de la Commission de l'OMS sur le lien social, publié le 30 juin 2025. Ce n'est pas une estimation d'ambiance : c'est le résultat d'un travail de commission, avec une méthode et des données.

Que dit l'OMS sur les décès ?

Sa formulation exacte : « On estime que la solitude est à l'origine d'environ 100 décès par heure, soit plus de 871 000 décès par an. » C'est le chiffre qui a fait les titres, et il vient d'un communiqué de presse de l'Organisation mondiale de la santé, pas d'une association.

Quels sont les effets sur la santé ?

L'OMS écrit que la solitude et l'isolement social augmentent le risque d'accident vasculaire cérébral, de maladie cardiaque, de diabète, de déclin cognitif et de décès prématuré. Sur la santé mentale, les personnes qui se sentent seules sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression, et la solitude peut favoriser l'anxiété et des pensées d'automutilation ou de suicide.

Qui est le plus touché ?

Les jeunes et les personnes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Entre 17 % et 21 % des 13 à 29 ans déclarent se sentir seuls, la proportion la plus élevée étant chez les adolescents. Et environ 24 % des personnes vivant dans des pays à faible revenu se disent seules, deux fois plus que dans les pays à revenu élevé, où c'est environ 11 %.

Quelles causes l'OMS nomme-t-elle ?

Une liste qui ne contient aucun trait de caractère : « une mauvaise santé, un faible niveau de revenu ou d'éducation, le fait de vivre seul, l'inadéquation des infrastructures communautaires et des politiques publiques et les technologies numériques ». Trois de ces cinq facteurs sont des conditions matérielles, et un est une décision publique.

La solitude a-t-elle des effets au-delà de la santé ?

Oui, et l'OMS les chiffre. Chez les adolescents qui se sentent seuls, la probabilité d'obtenir des notes ou un niveau de qualification insuffisants est supérieure de 22 %. Les adultes qui se sentent seuls peuvent avoir plus de difficulté à trouver ou à conserver un emploi, et risquent d'avoir des revenus plus faibles au fil du temps.

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