Nouvelles technologies Bâtiment

Bois massif lamellé-croisé

Déploiement

Coller des planches en couches croisées pour obtenir des panneaux porteurs qui remplacent le béton et l'acier. Le bâtiment stocke alors du carbone au lieu d'en émettre.

Estimation
environ 430 à 990 kg

de CO₂ équivalent stockés net par mètre cube de panneau, une fois déduites les émissions de sa fabrication (estimation, analyse de cycle de vie de panneaux en feuillus).

Journal of Cleaner Production — Life cycle assessment of hardwood cross-laminated timber ↗

Le problème qu'elle règle

La structure d'un bâtiment — béton et acier — concentre l'essentiel de ses émissions avant même qu'on y habite.

Les limites

Toute technologie en a. Une fiche sans limites serait un argumentaire de vente.

  • Le gain climatique ne vient pas surtout du bâtiment. Selon Nature Communications, l'essentiel du carbone stocké à long terme se trouve dans les forêts qui réagissent à la demande, pas dans les panneaux eux-mêmes.
  • Cette même demande conduit à une gestion forestière plus intensive : plus de surface productive, mais des forêts plus exploitées, avec ce que cela coûte à la biodiversité.
  • Le carbone n'est stocké que tant que le bâtiment tient. Une démolition suivie d'un enfouissement ou d'une combustion le relâche.
  • Les codes du bâtiment et les règles incendie évoluent lentement : dans beaucoup de juridictions, la hauteur autorisée reste le premier obstacle.
  • Le bois voyage : un panneau fabriqué à l'autre bout du monde perd une partie de son avantage en transport.
  • Remplacer tout le béton par du bois n'est pas une option physique — la ressource forestière n'y suffirait pas.

Trente ans pour redevenir un matériau de structure

On a bâti en bois pendant des millénaires, puis on a cessé de le faire en hauteur. Le lamellé-croisé rouvre cette possibilité — sous conditions.

Années 1990

Le lamellé-croisé est mis au point en Autriche et en Allemagne : des planches collées en couches perpendiculaires, rigides dans les deux sens.

Prototype
Années 2000-2010

Les premiers immeubles de plusieurs étages sortent de terre en Europe, puis en Amérique du Nord et en Océanie.

Déploiement
Années 2010-2020

Les codes du bâtiment commencent à autoriser des hauteurs plus importantes, après des essais au feu qui montrent que le bois massif se carbonise en surface et protège son cœur.

Déploiement
Aujourd'hui

Un matériau qui fonctionne et se construit partout — dont le bénéfice climatique réel dépend surtout de ce qu'on fait des forêts derrière.

Déploiement

Nature Communications — Global land and carbon consequences of mass timber products ↗

Ce qui a bougé

Chaque percée annoncée, et ce qu'elle a donné ensuite.

mars 2019

Le plus haut bâtiment en bois du monde ouvre en Norvège

Un immeuble de 18 étages et 85,4 mètres est reconnu comme le plus haut bâtiment en bois du monde. Sa structure est en lamellé-croisé et en lamellé-collé, sans ossature d'acier ni de béton porteuse.

Et depuis ?

Le record est tombé dès 2022, battu par un immeuble américain — signe que la filière progresse plutôt qu'elle ne plafonne. Le conseil qui homologue les hauteurs a d'ailleurs modifié ses critères pour reconnaître officiellement le bois comme matériau de structure. C'est l'une des rares avancées de cette page dont la suite a tenu ses promesses ; le débat s'est déplacé du bâtiment vers la forêt qui le fournit.

CTBUH / Dezeen — Mjøstårnet becomes the world's tallest timber building ↗