On imagine d'habitude les microplastiques comme des fragments de choses manifestement en plastique : une bouteille usée, un sac déchiré par la mer.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement en nomme trois sources quotidiennes. Deux d'entre elles, personne ne les appelle du plastique.

L'essentiel

« Les fibres d'acétate de cellulose sont un type de microplastiques entrant dans la composition de la majorité des filtres de cigarette. » Les mégots sont les déchets plastiques les plus communs sur les plages.

Le vêtement est le deuxième : les plastiques représentent environ 60 % de l'ensemble des matières utilisées pour l'habillement, et il en perd « pendant leur lavage ou leur utilisation ».

Le troisième est le cosmétique. Aucun des trois n'a l'air d'un objet en plastique.

Les filtres de cigaretteCelui qui est sur toutes les plages

Un filtre a l'air de papier comprimé ou de coton. Il n'est ni l'un ni l'autre.

6 000 mds
de cigarettes consommées chaque année, par un milliard de personnes.
PNUE, 28 avril 2023
N° 1
les mégots sont les déchets plastiques les plus communs sur les plages.
PNUE, 28 avril 2023
≤ 5 mm
la taille en dessous de laquelle une particule de plastique compte comme microplastique.
PNUE, 28 avril 2023

Et ils ne restent pas simplement là. PNUE : en se décomposant, les cigarettes libèrent des microplastiques, des métaux lourds et nombre d'autres substances chimiques. Le filtre a été conçu pour retenir des choses, il les garde, puis les relâche ailleurs.

Les textilesCelui qui continue de perdre

Un détail se rate facilement ici, et il change ce que serait la solution.

Au lavage ou à l'usage

« Du fait de l'abrasion, les vêtements et les textiles composés de ces matières perdent des microplastiques appelés microfibres pendant leur lavage ou leur utilisation. »

Environ 9 % des rejets annuels de microplastiques dans les océans proviennent des vêtements et d'autres textiles, selon un rapport du PNUE de 2020 sur la chaîne de valeur mondiale du textile. Et les lessives à elles seules déversent environ 500 000 tonnes de microfibres par an, « l'équivalent de près de trois milliards de chemises en polyester ».

Ce qui relie les trois articles de cette série en une phrase : les émissions ont lieu quand le plastique est fabriqué, le secteur d'où il vient n'est généralement pas celui qu'on imagine, et l'objet continue d'en relâcher aussi longtemps qu'on s'en sert.

Ce qui est établiCe qu'on sait, et ce qu'on ne sait pas

C'est là que la plupart des articles sur les microplastiques cessent d'être prudents. Voici donc l'ordre dans lequel la source elle-même place les choses.

  • La présence est établie. « Des microplastiques ont été retrouvés dans différents organes chez l'être humain, y compris dans le placenta de nouveau-nés. »
  • Le rapport de 2021 parle d'association. Les substances chimiques présentes dans les microplastiques « sont associées à de graves répercussions sur la santé, en particulier chez les femmes »le mot est associées, et il mérite d'être gardé.
  • Le PNUE pose lui-même la limite. Sa responsable du Service des eaux marines et douces : les répercussions des produits chimiques dangereux et des microplastiques sur la physiologie humaine et marine « sont encore nouvelles, et leur prise en compte doit devenir une priorité ».

Pourquoi la distinction n'est pas un détail. « Retrouvé dans un organe » et « provoque une maladie » sont deux énoncés différents, et seul le premier est établi ici. La même responsable du PNUE en tire la conclusion pratique sans forcer la science : « une action limitant leur dissémination et leur présence aura forcément une incidence positive sur notre santé à long terme ».

RecommandationsCe que les gens du PNUE recommandent vraiment

Deux d'entre elles, et la seconde vient avec une réserve que la source attache elle-même, c'est pourquoi elle mérite d'être lue en entier plutôt qu'en titre.

  • Porter les vêtements plus souvent et les laver moins fréquemment. C'est toute la recommandation, et elle ne coûte rien.
  • À l'achat, des matières naturelles produites durablement« même si cela peut supposer d'autres compromis sur le plan environnemental ». Le PNUE écrit la réserve dans la même phrase que le conseil.

Cette seconde réserve est la forme honnête du sujet entier. Aucune matière n'est exempte de tout, et la source qui te le dit dans le même souffle que son propre conseil est celle à qui faire confiance.

QuestionsQuestions fréquentes

Un filtre de cigarette contient-il du plastique ?

Il en est fait. Le PNUE écrit que « les fibres d'acétate de cellulose sont un type de microplastiques entrant dans la composition de la majorité des filtres de cigarette ». Ce ne sont pas des particules ajoutées : c'est le matériau du filtre lui-même.

Qu'est-ce qu'un microplastique ?

Une particule de plastique de très petite taille, le PNUE écrit « jusqu'à cinq millimètres de diamètre » en français, « up to 5mm in length » en anglais. Ce n'est pas une matière à part : c'est du plastique devenu petit, soit fabriqué ainsi, soit par décomposition et abrasion.

Quel déchet plastique trouve-t-on le plus sur les plages ?

Les mégots. Le PNUE l'écrit sans nuance, et le relie au volume : 6 000 milliards de cigarettes sont consommées chaque année par un milliard de personnes, ce qui fait que ces fibres sont « présentes aux quatre coins du monde ».

Quelle part des microplastiques vient des vêtements ?

Environ 9 % des rejets annuels de microplastiques dans les océans, d'après un rapport du PNUE de 2020 sur la chaîne de valeur mondiale du textile. Les vêtements en perdent « pendant leur lavage ou leur utilisation », pas seulement au lavage.

Sait-on ce que les microplastiques font à la santé humaine ?

Pas encore, et c'est le PNUE qui le dit. Sa responsable du Service des eaux marines et douces écrit que les répercussions des substances chimiques dangereuses et des microplastiques sur la physiologie humaine « sont encore nouvelles ». Le rapport de 2021 emploie le mot « associées », pas « causent ». Ce qui est établi, c'est la présence : on en a retrouvé dans différents organes humains.

Que recommandent les spécialistes du PNUE ?

Pour les textiles : porter les vêtements plus souvent et les laver moins fréquemment. Et à l'achat, des matières naturelles produites durablement, le PNUE ajoutant lui-même que « cela peut supposer d'autres compromis sur le plan environnemental ». La réserve fait partie de la recommandation.

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