La pollution de l'air est classée du côté des poumons. L'image qui vient avec est une toux, une pompe, une radiographie du thorax.

L'Organisation mondiale de la santé publie ce dont les gens meurent réellement, et la liste est dans un autre ordre.

L'essentiel

La répartition de l'OMS des décès prématurés liés à la pollution de l'air extérieur, 2019 :

68 %, cardiopathies ischémiques et accidents vasculaires cérébraux
14 %, bronchopneumopathie chronique obstructive
14 %, infections aiguës des voies respiratoires inférieures
4 %, cancers du poumon

La maladie qui donne son nom au sujet est la plus petite ligne de la liste.

Le cheminPourquoi c'est le mauvais organe qui est célèbre

Les poumons sont l'endroit par où la pollution entre. Ce n'est pas l'endroit où l'essentiel des dégâts se compte.

L'OMS énonce le mécanisme sans détour : cette mortalité « est due à l'exposition aux particules fines, qui provoquent des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que des cancers ». Les particules fines sont assez petites pour quitter le poumon et passer dans le sang, et une fois là, les organes qu'elles atteignent se comptent à la première ligne de la liste, pas à la dernière.

Pourquoi l'ordre compte. Un risque compris comme un problème de poumons se compare au tabac, se discute avec des pneumologues, et inquiète les gens qui toussent déjà. Un risque majoritairement cardiovasculaire appartient à une tout autre conversation, celle de la tension et de la prévention de l'AVC. La phrase de l'OMS elle-même se termine là-dessus : ses dernières estimations « reflètent le rôle significatif que joue la pollution atmosphérique dans les maladies cardiovasculaires et les décès ».

L'échelleL'ordre de grandeur

Deux chiffres, et la différence entre eux dit où se trouve la pollution.

4,2 M
de décès prématurés dus à la pollution de l'air ambiant (extérieur) dans le monde, 2019.
OMS, 24 octobre 2024
6,7 M
de décès prématurés par an, pollutions de l'air ambiant et intérieur combinées.
OMS, 24 octobre 2024
99 %
de la population mondiale vivait là où les seuils de l'OMS n'étaient pas respectés, 2019.
OMS, 24 octobre 2024

Ce qui sépare les deux, c'est la pollution de l'air intérieurcuisiner, se chauffer et s'éclairer chez soi. L'OMS la compte séparément à 2,9 millions de décès en 2021. C'est le même sujet à une autre adresse, et il tue à une échelle comparable.

Ne les additionne pas. 4,2 millions (extérieur, 2019) plus 2,9 millions (intérieur, 2021) font 7,1, mais le chiffre combiné de l'OMS est de 6,7 millions. Le total combiné est délibérément inférieur à la somme, parce que les mêmes personnes sont exposées aux deux et seraient sinon comptées deux fois.

Deux chiffres qui décrivent des populations qui se recoupent ne s'additionnent pas. Nous le disons parce que l'arithmétique est tentante et fausse.

RépartitionQuatre-vingt-dix-neuf pour cent, et quatre-vingt-neuf

Deux pourcentages décrivent la même inégalité par les deux bouts.

  • 99 % de la population mondiale vivait, en 2019, dans des endroits où les seuils des lignes directrices de l'OMS n'étaient pas respectés. Respirer un air conforme est le cas rare, pas le cas normal.
  • 89 % des décès prématurés sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, les Régions OMS de l'Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental étant les plus touchées.

Presque tout le monde est exposé ; la mortalité, elle, est concentrée. L'OMS écrit que les personnes vivant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire « subissent de manière disproportionnée le fardeau », l'exposition est quasi universelle, les conséquences ne le sont pas.

Le levierCe que l'OMS dit du geste individuel

La plupart des sujets environnementaux se terminent par une liste de choses qu'un lecteur peut changer. Celui-ci se termine par une phrase de l'OMS qui explique pourquoi cette liste est courte.

Hors du contrôle des individus

« La plupart des sources de pollution de l'air extérieur échappent totalement au contrôle des individus et nécessitent une action concertée des responsables des politiques au niveau local, national et régional qui travaillent dans des secteurs tels que l'énergie, les transports, la gestion des déchets, l'urbanisme et l'agriculture. »

Le même paragraphe qualifie la pollution atmosphérique de deuxième facteur de risque de maladies non transmissibles.

Cinq secteurs sont nommés. Aucun n'est un ménage.

Ce n'est pas une raison de ne rien faire, la liste de politiques de l'OMS est longue et précise, de l'énergie domestique propre aux transports publics rapides en passant par le captage du méthane des décharges. C'est une raison de viser l'effort là où sont les sources, et de cesser de mesurer le sérieux de quelqu'un sur la qualité de l'air à ce qu'il fait dans sa propre cuisine.

QuestionsQuestions fréquentes

De quoi meurt-on à cause de l'air pollué ?

L'OMS donne la répartition pour 2019 : 68 % des décès prématurés liés à la pollution de l'air extérieur étaient dus à des cardiopathies ischémiques et à des accidents vasculaires cérébraux, 14 % à la bronchopneumopathie chronique obstructive, 14 % à des infections aiguës des voies respiratoires inférieures, et 4 % à des cancers du poumon.

Combien de décès au total ?

La pollution de l'air ambiant est estimée avoir causé 4,2 millions de décès prématurés dans le monde en 2019. En comptant aussi la pollution de l'air intérieur, les effets combinés sont associés à 6,7 millions de décès prématurés par an.

Quelle part de l'humanité respire un air conforme ?

Presque personne. « En 2019, 99 % de la population mondiale vivaient dans des endroits où les seuils préconisés dans les lignes directrices de l'OMS relatives à la qualité de l'air n'étaient pas respectés. »

Où meurt-on le plus ?

« Quelque 89 % de ces décès prématurés sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire », écrit l'OMS, « les Régions OMS de l'Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental étant les plus touchées ».

Peut-on s'en protéger individuellement ?

L'OMS est directe sur ce point : la plupart des sources de pollution de l'air extérieur « échappent totalement au contrôle des individus et nécessitent une action concertée des responsables des politiques » dans l'énergie, les transports, la gestion des déchets, l'urbanisme et l'agriculture.

Quelle place la pollution de l'air occupe-t-elle parmi les risques ?

L'OMS la présente comme le deuxième facteur de risque de maladies non transmissibles. Les maladies non transmissibles sont celles qui ne s'attrapent pas, cardiovasculaires, cancers, diabète, affections respiratoires chroniques.

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