L'article précédent portait sur l'air extérieur, circulation, industrie, centrales, les choses qu'une ville mesure. Il a tué 4,2 millions de personnes en 2019.

Il y a une seconde moitié du problème, et elle se produit à l'intérieur pendant que quelqu'un prépare le repas.

L'essentiel

2,1 milliards de personnes, environ un quart de l'humanité, font la cuisine sur des foyers ouverts ou des fourneaux inefficaces brûlant du pétrole, du bois, des déjections animales, des résidus agricoles ou du charbon.

« Dans les logements mal ventilés, la fumée intérieure peut avoir des niveaux de petites particules 100 fois plus élevés que les valeurs considérées comme acceptables. »

Elle a été responsable de 2,9 millions de décès en 2021, dont plus de 309 000 enfants de moins de 5 ans.

L'expositionCent fois, à l'intérieur

La qualité de l'air extérieur se discute en fractions au-dessus d'un seuil. À l'intérieur, le facteur est d'un autre ordre.

2,1 mds
de personnes cuisinent sur des foyers ouverts ou des fourneaux inefficaces, environ un quart de l'humanité.
OMS, 16 décembre 2025
100×
le niveau acceptable de petites particules, dans les logements mal ventilés.
OMS, 16 décembre 2025
2,9 M
de décès en 2021, dont plus de 309 000 enfants de moins de 5 ans.
OMS, 16 décembre 2025

Et elle produit les mêmes maladies que la version extérieure. L'OMS les énumère dans le même ordre : « l'accident vasculaire cérébral, la cardiopathie ischémique, la bronchopneumopathie chronique obstructive et le cancer du poumon »le cardiovasculaire d'abord encore, le cancer du poumon en dernier encore.

La proximitéQui est le plus près du feu

L'exposition à la pollution de l'air intérieur ne se répartit pas seulement par géographie. Elle se répartit par qui fait quelle tâche.

Le temps passé près de l'âtre

« Les femmes et les jeunes enfants, qui passent le plus de temps près de l'âtre, sont particulièrement exposés. »

L'OMS relie ça aux tâches ménagères, la cuisine, et la collecte et la préparation du combustible. Elle relève aussi que la dépendance à ces combustibles fait que « beaucoup de temps est consacré à la cuisine sur un appareil inefficace, ainsi qu'à la collecte et à la préparation des combustibles ».

Le coût se compte donc deux fois : en santé, et en heures.

Et l'écart est rural. En 2021, 14 % des habitants des zones urbaines utilisaient des combustibles et technologies polluants, contre 49 % de la population rurale mondiale. Trente-cinq points entre deux adresses.

L'arithmétiqueDeux chiffres qu'il ne faut pas additionner

Cette section existe parce que nous avons fait l'erreur nous-mêmes, dans l'article précédent, et que nous l'avons corrigée après avoir lu cet aide-mémoire.

6,7, et non 7,1

Pollution de l'air extérieur : 4,2 millions de décès (2019).
Pollution de l'air intérieur : 2,9 millions de décès (2021).
Somme : 7,1 millions.

Chiffre combiné publié par l'OMS : 6,7 millions.

Le total est inférieur à la somme, et c'est voulu. Les mêmes personnes respirent les deux sortes d'air, et les compter une fois dans chaque colonne les compterait deux fois.

C'est le genre d'erreur qui a l'air rigoureuse : deux chiffres officiels, une soustraction, un résultat net. Rien dans l'arithmétique n'avertit que les deux populations se recoupent, seul le troisième chiffre le fait, en étant plus petit qu'il ne devrait.

La trajectoireCe que donne le rythme actuel

L'aide-mémoire se termine sur une projection, et c'est la phrase la moins ambiguë du document.

78 % d'ici 2030

« Au rythme actuel, seuls 78 % de la population mondiale devraient avoir accès à des modes de cuisson propres d'ici à 2030. Cela voudrait dire que près de 1,8 milliard de personnes ne disposeraient toujours pas de solutions de cuisson propres. »

L'accès universel à une cuisson propre d'ici 2030 fait partie de l'objectif de développement durable n° 7. La phrase ci-dessus, c'est l'OMS qui annonce à l'avance de combien il sera manqué.

C'est la forme honnête de cette moitié du sujet. Les solutions sont nommées et sans prestige, solaire, électricité, biogaz, gaz de pétrole liquéfié, gaz naturel, carburants à l'alcool, et fourneaux à biomasse conformes aux cibles d'émissions de l'OMS. Il n'y a aucune découverte en attente. Il y a un problème de distribution, compté à 1,8 milliard de personnes.

QuestionsQuestions fréquentes

Combien de personnes cuisinent avec des combustibles polluants ?

« Environ 2,1 milliards de personnes dans le monde (soit environ un quart de la population mondiale) font la cuisine à l'aide de foyers ouverts ou de fourneaux inefficaces utilisant du pétrole, de la biomasse (bois, déjections animales, résidus agricoles) et du charbon », écrit l'OMS.

Quel est le niveau de pollution à l'intérieur ?

L'OMS écrit que « dans les logements mal ventilés, la fumée intérieure peut avoir des niveaux de petites particules 100 fois plus élevés que les valeurs considérées comme acceptables ».

Combien de décès cela cause-t-il ?

« Selon les estimations, la pollution de l'air à l'intérieur des habitations était responsable de 2,9 millions de décès par an, en 2021, dont plus de 309 000 décès d'enfants de moins de 5 ans. »

Peut-on additionner ces décès à ceux de l'air extérieur ?

Non. 4,2 millions (extérieur, 2019) plus 2,9 millions (intérieur, 2021) font 7,1, mais le chiffre combiné publié par l'OMS est de 6,7 millions. Le total est inférieur à la somme parce que les mêmes personnes sont exposées aux deux et seraient comptées deux fois.

Qui est le plus exposé ?

L'OMS est explicite : « les femmes et les jeunes enfants, qui passent le plus de temps près de l'âtre, sont particulièrement exposés ». Elle relie ça à la répartition des tâches ménagères, la cuisine et la collecte du combustible.

Est-ce un problème urbain ou rural ?

Massivement rural. « En 2021, seuls 14 % des habitants des zones urbaines utilisaient des combustibles et technologies polluants, contre 49 % de la population rurale mondiale. » Un écart de 35 points.

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